Si vous vous promenez sur des forums ou des groupes Facebook dédiés à la photographie, vous avez certainement remarqué une tendance malheureuse. Des photographes frustrés qui s’en prennent à tous ceux qui débutent avec des commentaires assassins dans le style «laisse ce genre de contrats aux “vrais” photographes». Ces derniers se sentent menacés par la démocratisation de la photographie. À mon sens, ceux qui sont à blâmer ne sont pas ceux qui tentent de percer le marché, même s’ils peuvent le faire maladroitement, mais plutôt ceux qui ne savent pas s’y adapter.

L’erreur que plusieurs photographes font, selon moi, est de croire que le marché de la photographie est différent des autres marchés. En photo, nous vendons des produits et des services. Maîtriser la photographie est nécessaire, mais sans compétence commerciale ça ne fonctionnera pas. Aussi talentueux qu’il puisse être, un photographe qui ne réussit pas n’a qu’une seule personne à blâmer et c’est lui-même. S’il n’arrive pas à contrer la compétition, ce n’est pas parce que des gens s’improvisent photographes, c’est qu’il n’est pas capable de se vendre et/ou qu’il n’est pas à l’écoute du marché.

Chaque fois que de nouvelles technologies sortent, on croit toujours qu’elles vont remplacer le métier de photographe. Quand les appareils photo 35mm sont devenus accessibles au grand public, je suis convaincu que de nombreux photographes se sont sentis menacés à ce moment, pourtant le métier existe encore.

Oui les appareils photos accessibles au grand public sont de plus en plus performants. Les téléphones cellulaires rivalisent de plus en plus avec les appareils photos. Mais cela veut-il dire que c’est la fin du métier de photographe?

Nous vivons dans un monde où l’image est omniprésente. Regardez simplement autour de vous. Toutes les affiches publicitaires qui polluent notre espace visuel. Il y a bien un photographe derrière ces images. Le commerce en ligne se développe, il faut bien des photographies pour accompagner les articles.

Il y a deux secteurs qui sont lourdement touchés par la démocratisation de la photographie : la photographie pour particuliers d’entrée de gamme et la photographie de presse. Eh oui, c’est terminé depuis longtemps l’époque où, si l’on voulait une photo de sa famille, on se rendait chez le photographe du coin. La photographie pour particulier est devenue un service «de luxe». Pour réussir dans ce domaine, il faut offrir des produits d’une gamme supérieure et de qualité. Oui, le nombre de clients va être moins élevé, le prix de vente lui sera supérieur, ce qui compensera cet écart.

Je m’adresse donc aux photographes frustrés qui tentent de décourager les gens qui essaient d’entrer dans le marché. Vous devriez conserver votre énergie à diversifier votre offre commerciale et à sonder le marché. Si jamais votre affaire est menacée par un amateur qui fait des mariages à 300 $ avec un appareil d’entrée de gamme, c’est sans doute parce que votre activité commerciale n’est pas viable et mérite de disparaitre.